13 janvier 2026
5 leçons à tirer des travailleurs immigrants
Par Barbara Fillion, CRHA, M.SC. / Directrice adjointe, CIE Laurentides
Qui n’a jamais vu une personne immigrante fraîchement arrivée au Québec en plein hiver, vêtue d’un simple coton ouaté et d’une tuque par –30 °C? À première vue, on pourrait croire qu’elle n’était pas préparée à ce qui l’attendait. C’est probablement exact. Toutefois, la température n’est souvent que la première surprise parmi plusieurs autres.
Les personnes immigrantes qui s’établissent au Québec font face à de nombreux défis. En présentant certaines de leurs réalités, cet article met en lumière cinq leçons que les Québécois de naissance peuvent tirer des travailleurs immigrants.
- Il n’y a rien de mal à accepter un emploi « en attendant »
Comme le dit le proverbe : « Si ton plan A n’a pas fonctionné, rappelle-toi qu’il reste encore 25 lettres de l’alphabet. » Les personnes immigrantes comprennent bien cette idée. Plusieurs d’entre elles sont admises au Québec en raison de leur formation, mais, une fois sur place, elles doivent composer avec un processus parfois long et coûteux avant de pouvoir exercer leur profession : évaluation comparative des études effectuées hors Québec, examens de compétences, formations d’appoint, etc.
Accepter un emploi qui ne correspond pas encore à leur objectif professionnel n’est pas un échec : c’est un moyen de subvenir à leurs besoins, de s’intégrer et de progresser vers l’obtention d’un poste en adéquation avec leur expertise.
- Reprendre des études à quarante ans, c’est possible
La persévérance est une qualité profondément ancrée chez de nombreuses personnes immigrantes. Lorsque leurs diplômes sont peu reconnus au Québec, plusieurs choisissent de retourner aux études afin d’accroître leurs chances d’obtenir un emploi stable, bien rémunéré et offrant de bonnes conditions de travail. Dans plusieurs cultures, l’éducation constitue une valeur fondamentale.
Il n’est jamais trop tard pour entreprendre une nouvelle démarche : à 45 ans, il reste encore de nombreuses années de carrière devant soi.
- La capacité d’adaptation s’acquiert
Personne ne naît avec une grande capacité d’adaptation : il s’agit d’une compétence qui se développe. À cet égard, les personnes immigrantes deviennent rapidement des spécialistes. Déménager dans un nouveau pays, apprendre une nouvelle langue, reconstruire un réseau social, réorienter sa carrière… voilà autant de défis majeurs qu’elles doivent relever. Peu de gens accepteraient de se soumettre à autant de changements à la fois.
- La résilience fait toute la différence
Face aux épreuves, certaines personnes parviennent à rebondir plus facilement que d’autres. Plusieurs personnes immigrantes ont traversé des réalités très difficiles : conflits armés, deuils, camps de réfugiés, conditions de travail abusives, destruction de documents scolaires impossibles à récupérer, blessures corporelles, etc. Malgré tout, elles parviennent à vivre, rire, aimer et travailler. Leur capacité de résilience est remarquable et force le respect.
- Donner, c’est recevoir
Dans plusieurs cultures, l’entraide occupe une place centrale. Le voisin gardera l’enfant pendant que le parent travaille. La sœur préparera le repas pendant que l’autre effectue les courses. L’ami offrira un toit en cas de besoin. Le frère prêtera sa voiture. L’oncle aidera à trouver un emploi. La solidarité est au cœur de la vie quotidienne, et chacun contribue selon ses moyens.
Au cours des prochaines années, le Québec accueillera toujours plus de personnes immigrantes, et notre société en sera transformée. Le marché du travail évoluera, les communautés se diversifieront et de nouvelles perspectives émergeront. Choisissons de voir dans ces changements une chance de grandir ensemble, d’enrichir notre avenir commun et de bâtir une société plus forte.